Mercredi 24 juin 2009

Tout d’abord, soulignons un remaniement d'ampleur qui intervient dans un contexte pour le moins trouble :  le cafouillage d’une annonce précipitée, l’ampleur inattendue d’un remaniement en apparence important (8 entrées / sorties sur 38), les tergiversations de dernières minutes montrent clairement une nouvelle preuve du manque de sérieux du gouvernement : précipitation, improvisation, etc…

 

Ensuite relevons l’absence de véritable ouverture, malgré les annonces. Ceci est le signe que « l’attractivité » du pouvoir est en baisse, ce qui peut se comprendre à l’aune de ce qui s’est passé depuis mai 2007. La liste des personnalités pressenties et ayant décliné est ainsi aussi longue que celles des nouveaux entrants. Les nouveaux entrants sont soit issus du "serail", soit proches depuis longtemps du pouvoir en place.

 

En outre, ce remaniement montre les limites du pouvoir du Président sur sa propre majorité, puisque certains éléments clés ont pu dicter leurs conditions, sans que cela ne soit justifié par une popularité ou un bilan particulier (le bilan du Ministère de l'Intérieur, en terme de délinquance ou de sécurité routière, est particulièrement catastrophique).

 

Enfin sur le fond nous aurons trois remarques :


la précipitation et l’ampleur paraissent clairement liées au « flop » du discours de politique générale prononcé lundi à Versailles. Il s’agit d’une réaction à l’emporte-pièce pour « occuper » l’espace médiatique et ne pas laisser s’installer l’impression d’un échec (surtout si l’on compare cet échec au coût de la petite « sauterie » versaillaise) ;

le battage médiatique autour des personnalités (on se croirait dans la présentation de nouveaux candidats à un jeu de téléréalité) masque l’absence de programme précis, remplacé par du « storytelling » et des mots creux (« solidarité » et « audace »). Pas plus que la gauche socialiste, le gouvernement n’a de programme politique ou économique novateur à proposer au pays pour sortir rapidement de la crise.

Le remaniement, s’il est consistant en nombre de personnes, ne touche aucun des postes directement concernés par la Crise (à part le Ministère du Travail). L’Economie, la relance, le budget ne bougent pas… Si l’on cherche une preuve de l’immobilisme des dirigeants face à un évènement d’ampleur mondial qui les dépasse (nonobstant une gesticulation médiatique permanente), il n’y a pas besoin d’aller plus loin.


CM 

Par CM - Publié dans : Actualité selective - Communauté : MRC
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